Chronosquad #1, la critique

Chronosquad 1, Lune de miel à l'âge de bronze, Delcourt, Panaccione, AlbertiniAprès Un océan d’amour, Grégory Panaccione se lance avec Giorgio Albertini au scénario dans une nouvelle aventure mêlant science-fiction, polar, conte initiatique et roman sentimental décalé.

Bloch Telonius vient de recevoir l’appel de sa vie : il va enfin intégrer la mythique Chronosquad pour une mission en Égypte antique. Une première en­quête qui parait banale : une fugue d’adolescents d’un centre de vacances. Les Chronosquad sont les agents régulateurs des voyages temporels et des couacs qui peuvent en découler. La pratique s’est en effet popularisée. Pour 10 999 € à peine, vous pouvez désormais partir 30 jours en Egypte antique en formule tout inclus. Vous pouvez également vous rendre à New York en 1755, à Rome en 44 avant J-C ou à la Préhistoire. Pour l’heure, Bloch Telonius compte sur ses nouveaux coéquipiers expérimentés, Penne et Beylogu, pour résoudre rapidement cette affaire. Mais ce qui se pré­sentait comme une balade temporelle de santé, se transforme, pour Bloch, en voyage initiatique…

Au scénario, Giorgio Albertini, archéologue spécialisé en histoire médiévale, signe avec Chronosquad son premier scénario de bande dessinée dont l’idée est absolument originale pour ne pas dire géniale. Dans un futur très proche, l’activité touristique a trouvé un nouvel axe de développement basé sur le voyage dans le temps, le chronotourisme. Les voyages dans le passé sont devenus des destinations touristiques très tendances qui permettent au grand public de voyager dans le temps à la condition de respecter des zones touristiques restreintes. La chronosquad, sorte de police temporelle, a été créée pour veiller au respect des règles. Le récit de Giorgio Albertini est une vraie réussite. Il mêle habilement aventure, enquête policière et beaucoup d’humour, même si celui-ci tend souvent vers le potache. Le lecteur est immédiatement captivé par cette enquête qui emmène l’équipe chronosquad à travers le temps, sans se soucier des paradoxes temporels, à la recherche de deux adolescents portés disparus.

Chronosquad 1, Lune de miel à l’âge de bronze, Delcourt, Panaccione, Albertini
Chronosquad 1, Lune de miel à l’âge de bronze, Delcourt, Panaccione, Albertini
Chronosquad 1, Lune de miel à l’âge de bronze, Delcourt, Panaccione, Albertini
Chronosquad 1, Lune de miel à l’âge de bronze, Delcourt, Panaccione, Albertini
Chronosquad 1, Lune de miel à l’âge de bronze, Delcourt, Panaccione, Albertini

Au-delà de la couverture de ce premier tome, qui est loin d’être une réussite, les dessins de Grégory Panaccione sur Chronosquad sont magnifiques. On retrouve sa patte unique et redoutablement efficace. Les mises en scène avec dialogues accompagnent les scènes muettes où le travail de Grégory Panaccione prend toute son ampleur. L’ensemble est très expressif, précis et bien évidemment drôle.

Chronosquad est une vraie réussite qui embarque le lecteur dans un récit immersif où le chronotourisme est le nouvel eldorado touristique. Vivement la suite de ce voyage temporel.

 

Chronosquad #1
Lune de miel à l’âge de bronze
234 pages
Grégory Panaccione – Giorgio Albertini
Delcourt
Parution : 5 octobre 2016

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Kaboom! #32, Dr. Zep & Mr. Titeuf

Kaboom - émission web 100% BD

En complément de nos articles et chroniques BD, les émissions Kaboom! apportent un regard complémentaire sur l’univers de la BD !

Aujourd’hui, Kaboom!, l’émission 100 % BD, s’est rendue au Cartoonmuseum Basel, en Suisse, pour aller à la rencontre de Philippe Chappuis, alias Zep, le dessinateur du célèbre Titeuf.

Cette nouvelle émission a été imaginée, réalisée et présentée par Thibaut Fontenoy, Emilie Colle, Patrice Gautot et Alain Van de Poele.

Merci Kaboom!

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Evil Empire #2, la critique

Evil Empire, La désunion fait la force, Glénat, Bemix, GettyÀ travers les yeux d’une rappeuse underground en proie à un saut de conscience, Max Bemis explore les dérives de la politique pour nous conter l’évolution d’une société sombrant peu à peu dans un empire du mal.

L’opinion publique américaine est sens dessus dessous. Des suites d’un simple événement, le pays se retrouve déchiré dans un débat sur le sens du bien et du mal, et Reese Greenwood ne compte pas se taire face à ce peuple qui soutient les idées d’un homme fou. Mais jusqu’à quel point les gens sont-ils capables de prendre position pour ce qu’ils croient ?

Avec La désunion fait la force, Max Bemis poursuit son récit d’anticipation qui voit la société américaine basculer dans la violence. Seule la loi du plus fort fait foi. Le nouveau président laisse à chaque individu une liberté totale, ce qui entraine beaucoup de dérives, de violence et d’immoralité. Après un premier tome qui avait fortement marqué les esprits par son originalité, ce second tome marque malheureusement le pas. Le lecteur n’est pas dans l’action mais dans les conséquences du choix du président. La désunion fait la force ressemble avant tout à un album de transition où le lecteur voit la violence monter et gagner tous les individus, ou presque. En revanche, le final est très réussi et donne immanquablement envie de lire la suite…

Evil Empire, La désunion fait la force, Glénat, Bemix, Getty
Evil Empire, La désunion fait la force, Glénat, Bemix, Getty
Evil Empire, La désunion fait la force, Glénat, Bemix, Getty
Evil Empire, La désunion fait la force, Glénat, Bemix, Getty

Graphiquement, le sentiment est le même qu’avec le premier tome. Le résultat est peu décevant. Ransom Getti apporte beaucoup de précisions, de détails et d’émotions dans ses dessins, alors que les dessins Andréa Mutti sont moins précis et moins expressifs. il manque une certaine homogénéité et cohérence entre les deux dessinateurs.

Si le récit est toujours bien construit, La désunion fait la force, tome deux de la série Evil Empire, déçoit malheureusement. L’effet de surprise du premier tome est tombé, le récit piétine un peu et laisse place à la violence. Conclusion de cette histoire avec le tome 3 qui devrait clôturer en beauté la série.

Evil Empire #2
La désunion fait la force
Max Bemis – Ransom Getty – Andréa Mutti
Glénat
Parution : 6 juillet 2016

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